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2 septembre 2016 — par Elisabeth Gillion

Picardie terre d’attelage.

Anthony Hordé presqu’aux championnats du monde d’attelage à 4 à Breda du 2 au 5 septembre.

Il s’en est fallu d’un rien que l’équipe de France d’attelage soit à moitié picarde, avec Sébastien Vincent de Sacy-le-Grand dans l’Oise et Anthony Hordé, mais le meneur de la Somme doit sa non-sélection de dernière minute à une erreur administrative ... Dommage !

Comme il s’était qualifié, c’est bien le moment de dresser son portrait. Anthony a 39 ans et déjà une vingtaine d’années de pratique de l’attelage derrière lui, avec une première victoire marquante il y a dix ans. C’était au CAI de Compiègne en 2006.

Ce meneur à 4 chevaux est un pur produit du terroir puisqu’il cultive ses terres à Domart-sur-la-Luce prés d’Amiens, qu’il est arrivé au meilleur niveau grâce aux chevaux que lui a confiés la mécène compiènoise Patricia Nijdam Jones. (Celle-ci sera d’ailleurs présente aux Pays-Bas via les chevaux qu’elle fournit au meneur Fabrice Martin).
De plus Anthony a fait ses classes avec le meneur international de Ressons-sur-Matz, Gérard Sainte-Beuve, avant de suivre des stages au Val de Selle à Conty et avec Anne-Violaine Brisou à Chantilly puis enfin, chez LA pointure, la référence absolue, Boyd Exell.

Anthony a commencé doucement, en installant ses selles français et ses trotteurs dans un hangar de la ferme transformé en écurie et puis il a patiemment gravi tous les échelons…

Régulièrement classé au championnat de France, reconnu comme Espoir 2016 par la fédération, Anthony participe aux sessions de perfectionnement l’hiver sous la houlette du coach de l’équipe de France, l’ancien champion du monde Félix Brasseur. Celui-ci scande à ses ouailles : « l’attelage c’est surtout beaucoup de travail et de l’expérience. » Dans cet esprit Anthony fait preuve de ténacité et d’un réel sens de l’organisation. Il table sur ses propres chevaux, des KWPN vivant à la maison : « on a choisi le KWPN car il est plein de qualités, agréable à regarder avec ses allures relevées, ce qui est un avantage en dressage. » Il travaille ses chevaux en individuel et en groupe, longés, montés, attelés à 1, 2, 4, par petites séquences courtes. Félix Brasseur estime qu’Anthony a fait des progrès fantastiques ces deux dernières saisons, notamment en dressage. Mais cette épreuve reste le point faible des tricolores en attelage, les Français étant plus réputés pour leur habileté au marathon.

Rappelons qu’un concours se déroule sur trois épreuves : le dressage ou figures imposées, le parcours de marathon (phases de trot, puis phase de pas suivie d’une série d’obstacles en forme de labyrinthe à traverser le plus vite possible et suivant un ordre établi). Le dernier jour, le parcours de maniabilité se joue au galop entre des plots qu’il faut franchir à toute vitesse sans faire tomber les balles qu’ils supportent.

« On a d’autant plus besoin d’être entouré de gens efficaces qu’on achète un cheval sur ses qualités et qu’on minimise ses défauts. Puis quand il est là depuis quinze jours on ne peut plus s’en séparer ... on se dit qu’on y arrivera, on oublie le temps passé avec lui mais l’attelage à 4 a un coût et une économie implacables. »

Bien entouré par la fédération, Anthony Hordé s’appuie sur une équipe, solide, aussi affectueuse qu’efficace. En concours il est accompagné d’une véritable caravane dont le fonctionnement est bien rôdé et qui comporte un excellent cuistot, indispensable pour le moral des troupes, surtout à l’étranger ... La famille ne part pas en vacances, elle est entièrement organisée autour de l’attelage et quand il faut partir en concours, les travaux de la ferme sont l’affaire de papa Hordé.

nb :
à Breda l’équipe de France est donc composée de Benjamin Aillaud, Thibaut Coudry, Fabrice Martin et Sébastien Vincent.

Voir en ligne : www.facebook.com/public/Anthony-Horde

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